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Marc Guillaume prend la tête du Conseil d'État

Ancien préfet d'Île-de-France, cet énarque de 61 ans accède à la plus haute juridiction administrative du pays.

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Marc Guillaume prend la tête du Conseil d'État
Ancien préfet d'Île-de-France, cet énarque de 61 ans accède à la plus haute juridiction administrative du pays.Crédit · Le Monde.fr

Les faits

  • Marc Guillaume a été nommé vice-président du Conseil d'État le mercredi 6 mai.
  • Il succède à Didier Tabuteau, en poste depuis janvier 2022.
  • Agé de 61 ans, Marc Guillaume est un ancien élève de l'ENA.
  • Il était auparavant préfet de la région Île-de-France.
  • De 2015 à 2020, il a occupé le poste de secrétaire général du gouvernement.
  • Marc Guillaume a été très impliqué dans la préparation des Jeux olympiques de 2024.
  • Sa nomination pourrait entraîner des mouvements à la préfecture d'Île-de-France et à l'Élysée.

Marc Guillaume, nouveau visage du Conseil d'État

Le préfet de la région Île-de-France, Marc Guillaume, accède à la plus haute juridiction administrative du pays. Sa nomination comme vice-président du Conseil d'État a été officialisée mercredi 6 mai en Conseil des ministres, sur proposition du président de la République. Cette promotion, attendue, marque une étape importante dans la carrière de cet énarque de 61 ans, qui a consacré l'essentiel de son parcours à la haute fonction publique. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a salué cette nomination sur le réseau social X, exprimant sa satisfaction et celle de la Chancellerie à l'idée de collaborer prochainement avec le nouveau vice-président et ses équipes. Marc Guillaume prend ainsi les rênes d'une institution clé du paysage juridique français, succédant à Didier Tabuteau dont le mandat arrivait à expiration. Cette transition s'inscrit dans un mouvement plus large de renouvellement des têtes des trois hautes juridictions françaises, qui s'est opéré en l'espace de quatorze mois. Après le Conseil constitutionnel et la Cour des comptes, c'est au tour du Conseil d'État de voir sa direction changer, confirmant une dynamique de recomposition aux sommets de l'État.

Un parcours au cœur de l'appareil d'État

Marc Guillaume, diplômé de l'ENA, a bâti une carrière solide au sein de l'administration française. Avant de devenir préfet de la région Île-de-France, il a notamment occupé le poste stratégique de secrétaire général du gouvernement de 2015 à 2020. Cette fonction l'a placé au cœur des décisions exécutives, sous les mandats des Premiers ministres Manuel Valls puis Édouard Philippe, ce dernier étant réputé proche de Marc Guillaume. Son expérience s'étend également à d'autres sphères administratives. Il a exercé des responsabilités au sein de la direction des affaires juridiques du ministère de la Défense et de la direction des affaires civiles et du sceau du ministère de la Justice. En 2007, il a également été secrétaire général du Conseil constitutionnel, une expérience qui lui a donné une vision approfondie du fonctionnement des institutions. Son passage à la préfecture de la région parisienne a été marqué par une implication significative dans la préparation et la gestion des Jeux olympiques de 2024. Cet engagement témoigne de sa capacité à mener à bien des projets d'envergure et à gérer des situations complexes, des compétences qui seront sans doute précieuses à la tête du Conseil d'État.

Les ombres et les lumières d'une ascension

La carrière de Marc Guillaume n'a pas été exempte de controverses. En 2018, des conseillères de l'Élysée avaient dénoncé des comportements misogynes, sans le nommer directement, évoquant des remarques sexistes et des mises à l'écart. Ces allégations ont précédé son départ du poste de secrétaire général du gouvernement en juillet 2020, une décision prise conjointement par Emmanuel Macron et Jean Castex. Malgré ces épisodes, Marc Guillaume a rapidement rebondi avec sa nomination comme préfet d'Île-de-France. Sa nomination à la tête du Conseil d'État, bien qu'attendue, suscite des interrogations quant à sa capacité à incarner l'autorité et la neutralité requises par cette haute fonction. Le poste n'est pas sans risques, et les défis liés à la gestion de la juridiction administrative seront majeurs. Ce nouveau rôle intervient dans un contexte politique et institutionnel tendu, à l'approche de l'échéance présidentielle de 2027. La manière dont Marc Guillaume abordera ces enjeux, tout en naviguant dans les rivalités institutionnelles, sera déterminante pour la suite de sa carrière et l'image du Conseil d'État.

Un jeu de chaises musicales à l'horizon

La nomination de Marc Guillaume au Conseil d'État déclenche une série de mouvements attendus au sein de l'administration. Le poste de préfet de la région Île-de-France, qu'il occupait, est désormais vacant et pourrait être pourvu par Georges-François Leclerc, actuel directeur de cabinet d'Emmanuel Macron. Cette éventuelle arrivée à la préfecture francilienne interviendrait seulement six mois après sa nomination à l'Élysée. Parallèlement, Frédéric Rose, l'actuel préfet des Yvelines, est pressenti pour succéder à Georges-François Leclerc à un poste clé auprès du président de la République. Ces permutations s'inscrivent dans une stratégie plus large du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, visant à remodeler la préfectorale en s'affranchissant des nominations de ses prédécesseurs. Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, anciens titulaires de la place Beauvau, voient ainsi leur influence s'amenuiser. Ces changements interviennent également dans un contexte de départs notables à l'Élysée, à un an de la fin du mandat présidentiel. La nomination d'Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de la présidence, comme gouverneur de la Banque de France, illustre cette vague de mouvements qui redessinent le paysage des hautes fonctions de l'État.

À retenir

  • Marc Guillaume, 61 ans, énarque et ancien préfet d'Île-de-France, a été nommé vice-président du Conseil d'État.
  • Il succède à Didier Tabuteau à la tête de la plus haute juridiction administrative française.
  • Son parcours inclut des postes clés comme secrétaire général du gouvernement et une implication dans la préparation des JO 2024.
  • Des allégations de misogynie avaient marqué son passage à Matignon, précédant son départ en 2020.
  • Sa nomination entraîne un remaniement attendu à la préfecture d'Île-de-France et potentiellement à l'Élysée.
  • Cette promotion s'inscrit dans un cycle de renouvellement des directions des hautes juridictions françaises.
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