Narges Mohammadi hospitalisée en soins intensifs après une crise cardiaque en prison
La prix Nobel de la paix, détenue depuis décembre, a perdu 20 kg et subi deux pertes de conscience avant d'être transférée d'urgence à l'hôpital de Zanjan.

FRANCE —
Les faits
- Narges Mohammadi, 54 ans, a été hospitalisée le 2 mai 2026 en unité de soins intensifs en cardiologie.
- Elle a subi deux épisodes de perte totale de conscience et une crise cardiaque.
- Son avocat Mostafa Nili a signalé une chute soudaine de tension artérielle et une priorité neurologique.
- Elle a perdu environ 20 kg depuis son arrestation le 12 décembre 2025 à Mashhad.
- En février 2026, elle a été condamnée à six ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale et 18 mois pour propagande.
- Le comité Nobel norvégien, via son président Jørgen Watne Frydnes, exige un transfert immédiat à Téhéran.
- Sa famille qualifie l'hospitalisation de mesure désespérée et de dernière minute après 140 jours de détention.
Une dégradation brutale derrière les barreaux
Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023, lutte pour sa vie dans l'unité de soins intensifs en cardiologie de l'hôpital de Zanjan, dans le nord de l'Iran. La militante de 54 ans, emprisonnée depuis décembre, a été transférée de la prison de Zanjan vendredi soir après une « dramatique détérioration » de son état, marquée par deux épisodes de perte totale de conscience et une crise cardiaque, selon un communiqué de sa fondation. Son avocat, Mostafa Nili, a précisé qu'elle s'était évanouie après une chute soudaine de sa tension artérielle. Après avoir initialement refusé un transfert par crainte d'un traitement inadéquat, elle a dû être hospitalisée après avoir perdu connaissance une nouvelle fois, la priorité étant désormais « la prise en charge de son état neurologique ».
Un appel urgent à un transfert à Téhéran
La Fondation Narges Mohammadi a indiqué samedi sur X que la militante avait intégré l'unité de soins intensifs en cardiologie et qu'elle devait subir une angiographie. Pour obtenir un diagnostic précis et un traitement spécialisé, elle doit être transférée d'urgence à Téhéran et pouvoir bénéficier de l'assistance de sa propre équipe médicale. À Oslo, le comité Nobel norvégien a exhorté les autorités iraniennes à transférer « immédiatement » Narges Mohammadi vers son équipe médicale à Téhéran. « Sans un tel traitement, sa vie reste en danger », a déclaré le président du comité, Jørgen Watne Frydnes. « Sa vie est maintenant dans les mains des autorités iraniennes », a-t-il ajouté.
Une détention aux conditions critiques
Narges Mohammadi a perdu environ 20 kg depuis son arrestation, selon ses proches, qui réclament depuis des semaines sa libération en raison de son « état critique ». Sa famille a qualifié l'hospitalisation de mesure « désespérée, de dernière minute, qui pourrait survenir trop tard », dénonçant que les 140 jours d'emprisonnement « constituent une menace directe et immédiate à son droit à la vie ». Elle a été arrêtée le 12 décembre 2025 à Mashhad, dans l'est du pays, après avoir critiqué les autorités religieuses iraniennes lors d'une cérémonie funéraire. En février 2026, elle a été condamnée à six années supplémentaires de prison pour atteinte à la sécurité nationale et à un an et demi d'emprisonnement pour propagande contre le système islamique de l'Iran. Depuis son transfert à la prison de Zanjan, elle n'a été autorisée à communiquer que de façon extrêmement limitée avec sa famille.
Un parcours de militante récompensé par le Nobel
Narges Mohammadi a consacré plus de deux décennies au militantisme contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes. Ce combat lui a valu le prix Nobel de la paix en 2023. Au cours des 25 dernières années, elle a été incarcérée à plusieurs reprises pour son engagement. Son arrestation en décembre est intervenue alors qu'elle participait à une cérémonie funéraire, où elle a critiqué les autorités religieuses. Les autorités iraniennes ont refusé tout examen médical indépendant, aggravant les inquiétudes sur son état de santé.
L'inaction de Téhéran sous pression internationale
Malgré les appels répétés du comité Nobel norvégien et de ses soutiens, les autorités iraniennes n'ont pas encore autorisé le transfert de Narges Mohammadi à Téhéran. La fondation et la famille de la militante dénoncent une situation où la vie de la prix Nobel dépend désormais des décisions de ses geôliers. L'Iran refuse également un examen médical indépendant, ce qui laisse planer un doute sur la prise en charge réelle de son état. La communauté internationale observe avec une inquiétude croissante l'évolution de cette affaire, qui pourrait devenir un test de la volonté de Téhéran de respecter les droits fondamentaux.
Un avenir incertain pour une voix dissidente
Alors que Narges Mohammadi reste hospitalisée sous surveillance cardiologique, les prochaines heures seront décisives. Sans transfert vers son équipe médicale à Téhéran, les risques de nouvelles complications restent élevés. La militante, symbole de la résistance iranienne, voit sa vie suspendue à une décision politique. Son cas illustre la répression persistante contre les voix dissidentes en Iran, où les conditions de détention se dégradent souvent rapidement. L'issue de cette crise médicale pourrait avoir des répercussions au-delà de la santé d'une seule personne, en attirant l'attention sur le sort de nombreux autres prisonniers politiques.
À retenir
- Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, est hospitalisée en soins intensifs après une crise cardiaque et deux pertes de conscience.
- Elle a perdu 20 kg en 140 jours de détention et son état est jugé critique par ses proches.
- Le comité Nobel norvégien exige un transfert immédiat à Téhéran pour des soins spécialisés.
- Sa famille dénonce une mesure de dernière minute qui pourrait être trop tardive.
- L'Iran refuse tout examen médical indépendant, laissant la vie de la militante entre les mains des autorités.
- Cette affaire met en lumière la répression des dissidents en Iran et les conditions de détention dégradantes.




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