Hantavirus: une Française gravement malade, 22 cas contacts hospitalisés
Une patiente française, contaminée par le hantavirus Andes, est en réanimation dans un état grave. Les autorités sanitaires ont identifié 22 cas contacts, désormais tous hospitalisés.

FRANCE —
Les faits
- Une Française contaminée par le hantavirus Andes est hospitalisée en réanimation dans un état grave.
- 22 Français considérés comme cas contacts sont actuellement hospitalisés.
- Le navire de croisière MV Hondius a été le foyer d'une épidémie de hantavirus.
- Trois touristes sont décédés suite à l'infection par le hantavirus sur le MV Hondius.
- Le risque de circulation diffuse du virus en France est jugé faible par les autorités.
- Des protocoles de suivi et de confinement sont mis en place pour les cas contacts.
- L'Organisation mondiale de la santé anticipe d'autres cas potentiels dans les semaines à venir.
Une patiente française dans un état critique
Une Française, passagère du navire de croisière MV Hondius, est actuellement hospitalisée en réanimation dans un état grave suite à une contamination par le hantavirus Andes. Cette souche virale est la seule connue pour provoquer des transmissions interhumaines. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a confirmé mardi 12 mai la gravité de son état, soulignant que la patiente présentait la forme la plus sévère de la maladie. Cette situation a déclenché une mobilisation sanitaire d'envergure. Les autorités françaises ont identifié 22 personnes considérées comme cas contacts de la patiente infectée. Ces 22 individus, qui ont voyagé avec la malade dans deux avions distincts, sont désormais tous hospitalisés par mesure de précaution. La ministre a précisé que ces personnes allaient "très bien", mais leur admission à l'hôpital vise à assurer un suivi rigoureux et à prévenir toute potentielle propagation. La conférence de presse tenue par Stéphanie Rist, accompagnée de scientifiques, visait à informer le public et à rassurer quant à la maîtrise de la situation. "Il n'y a pas d'éléments en faveur d'une circulation diffuse du virus sur le territoire national", a affirmé la ministre, qualifiant la crise de "situation exceptionnelle, unique". Le président Emmanuel Macron, en visite au Kenya, a également déclaré que la situation était "sous contrôle", évoquant des "protocoles extrêmement rigoureux" établis avec des "meilleurs experts".
Le navire MV Hondius, épicentre de l'épidémie
L'épidémie de hantavirus s'est déclarée début mai à bord du navire de croisière MV Hondius. Ce foyer d'infection a coûté la vie à trois touristes, selon les informations fournies par la ministre de la Santé. Le navire, qui transportait une centaine de passagers et membres d'équipage, a conduit à l'évacuation et au rapatriement de la quasi-totalité des personnes à bord vers leurs pays d'origine entre le 10 et le 11 mai. L'origine de la contamination sur le navire est attribuée à un retraité néerlandais, infecté avant son embarquement. Des doutes subsistent quant au moment et au lieu exacts de sa contamination par un rongeur, potentiellement en Amérique du Sud. Le virus en cause, la souche des Andes, est particulièrement redouté pour sa capacité à se transmettre d'homme à homme. Les passagers évacués ont été accueillis dans leurs pays respectifs, notamment aux Pays-Bas où les 26 premiers arrivants ont été testés négatifs au virus. Néanmoins, des procédures de quarantaine ont été mises en place pour tous, compte tenu de la longue période d'incubation du hantavirus. Le navire lui-même, avec encore 25 membres d'équipage à bord, se dirigeait vers le port de Rotterdam aux Pays-Bas.
Incertitudes scientifiques et coordination interministérielle
Malgré les assurances des autorités, des zones d'ombre persistent concernant le hantavirus. La ministre Stéphanie Rist a reconnu lors d'une conférence de presse que le séquençage complet du virus n'était pas encore établi. "Nous n'avons pas entièrement le séquençage" du virus, a-t-elle expliqué, ajoutant qu'elle ne pouvait "pas dire avec certitude que ce virus n'a pas encore muté". Ces incertitudes alimentent une partie des inquiétudes, d'autant plus que la population française reste marquée par le souvenir de la pandémie de Covid-19. Face à cette situation, une coordination interministérielle a été mise en place à Matignon. Deux réunions quotidiennes sont prévues, rassemblant des représentants des ministères de la Santé, de l'Intérieur, des Affaires étrangères et des Transports. Cette organisation vise à assurer une réponse unifiée et efficace à la crise sanitaire. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a également appelé à la vigilance. Son directeur, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que "d'autres cas" pourraient apparaître dans les semaines à venir, en raison de la longue période d'incubation du virus. Il a toutefois jugé le risque faible, tant pour la population de Tenerife, où le navire a fait escale, qu'à l'échelle mondiale.
Le risque de propagation jugé faible, mais la vigilance reste de mise
Les autorités sanitaires françaises insistent sur le faible risque de propagation du hantavirus sur le territoire national. "Le virus ne court pas comme c’était le cas pour le coronavirus, et les conditions sont totalement différentes", a affirmé Philippe Tabarot, invitant les Français à voyager sereinement. Cette distinction avec le coronavirus est essentielle pour dissiper les craintes d'une nouvelle pandémie. Cependant, la gestion des cas contacts et leur isolement soulèvent des questions, notamment sur l'harmonisation des protocoles de suivi et de confinement entre les différents pays. La mise en quarantaine des personnes rapatriées a été précisée par décret, témoignant de la volonté d'encadrer strictement les mouvements des individus potentiellement exposés. L'OMS, tout en minimisant le risque global, rappelle que la période d'incubation du virus peut s'étendre sur plusieurs semaines. Cette sagte invite à une vigilance continue, même si la circulation du virus en France semble pour l'heure maîtrisée. Le dessinateur Chaunu a d'ailleurs traité ce sujet sur le mode de l'humour dans ses caricatures, reflétant une certaine anxiété ambiante.
Un cas mortel en Espagne et des incertitudes sur les mesures
L'épidémie de hantavirus a également eu des conséquences tragiques en Espagne. Un gendarme espagnol est décédé le 10 mai alors qu'il procédait au débarquement des passagers du MV Hondius à Tenerife, dans les îles Canaries. Cet événement souligne la dangerosité potentielle du virus et la nécessité de mesures de protection rigoureuses pour les personnels en première ligne. La gestion de la crise a également été marquée par des tensions entre le gouvernement régional des Canaries et les autorités espagnoles concernant les conditions d'accueil du navire. Madrid a finalement pu saluer le bon déroulement du débarquement de la majorité des passagers, malgré ces divergences initiales. Par ailleurs, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis a été critiqué pour sa réaction jugée tardive face à l'épidémie sur le Hondius. L'agence de santé publique américaine, affaiblie durant la précédente administration, aurait manqué de réactivité dans la gestion de cette crise sanitaire internationale.
À retenir
- Une Française, porteuse du hantavirus Andes, est dans un état grave en réanimation.
- 22 Français ayant été en contact avec la patiente sont hospitalisés par mesure de précaution.
- Le navire de croisière MV Hondius a été identifié comme le foyer d'une épidémie de hantavirus ayant causé trois décès.
- Les autorités françaises affirment que le risque de circulation diffuse du virus en France est faible.
- Des protocoles de suivi et de quarantaine sont appliqués aux cas contacts et aux passagers rapatriés.
- L'OMS anticipe de possibles nouveaux cas dans les semaines à venir en raison de la période d'incubation du virus.




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