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Vingt ans de prison requis contre l'ancien boxeur jugé pour un meurtre lors des Fêtes de Bayonne

L'accusé, déjà condamné 17 fois, a frappé à mort un quinquagénaire dans un bus de la gare routière en juillet 2024.

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Vingt ans de prison requis contre l'ancien boxeur jugé pour un meurtre lors des Fêtes de Bayonne
L'accusé, déjà condamné 17 fois, a frappé à mort un quinquagénaire dans un bus de la gare routière en juillet 2024.Crédit · Sud Ouest

Les faits

  • L'accusé, âgé de 41 ans, est jugé pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
  • La victime, un homme de 58 ans, est décédée le 16 juillet 2024 des suites d'un traumatisme crânien et d'un œdème encéphalique.
  • Les faits se sont produits le 11 juillet 2024 lors des Fêtes de Bayonne, qui attirent plus d'un million de visiteurs chaque année.
  • L'accusé, un ancien boxeur professionnel, a asséné deux coups de poing au visage de la victime après une altercation dans un bus.
  • Entre 2005 et 2024, l'homme a été condamné à 17 reprises, dont 14 pour des violences conjugales, avec arme ou des menaces de mort.
  • En état de récidive, il encourt trente ans de réclusion criminelle; vingt ans ont été requis par le parquet.
  • L'accusé évoque des propos racistes de la victime, mais aucun témoin ne les a confirmés.

Un drame dans un bus des Fêtes de Bayonne

Le 11 juillet 2024, vers 21 heures, un quinquagénaire monte à l'arrière d'un bus avec sa compagne pour rentrer chez lui, après une journée de festivités. L'accusé, alors âgé de 39 ans, entre par la porte avant. La victime, en état d'ébriété, interpelle l'accusé pour un motif qui n'a jamais été clairement établi. Le ton monte rapidement, et les deux hommes semblent vouloir en découdre à l'extérieur du véhicule. L'accusé, un Guadeloupéen, affirme que la victime a tenu des propos à caractère raciste, mais aucun des témoins présents n'a corroboré cette version. Le quinquagénaire descend du bus le premier, suivi par l'ancien boxeur, qui se précipite sur lui et lui assène deux coups de poing au visage, après avoir repoussé le chauffeur qui tentait de s'interposer. La victime perd connaissance sur le coup. Bien qu'elle reprenne conscience lorsque les secours arrivent, son état se dégrade durant la nuit à l'hôpital. Elle meurt le 16 juillet, cinq jours après l'agression. L'autopsie révèle un grave traumatisme crânien et un œdème encéphalique majeur comme causes du décès.

Un accusé aux lourds antécédents judiciaires

L'homme jugé depuis lundi 4 mai devant la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, à Pau, n'en est pas à son premier affront avec la justice. Entre 2005 et 2024, il a été condamné à 17 reprises, dont 14 pour des faits de violences – conjugales, avec arme ou menaces de mort. Ce passé judiciaire le place en état de récidive légale, ce qui alourdit la peine encourue. Le parquet a requis vingt ans de réclusion criminelle à son encontre. La défense, de son côté, tente de minimiser l'intention meurtrière, plaidant que son client n'avait pas l'intention de tuer. Mais pour les avocats des parties civiles, Mes Marion Duhalde et Alain Astabie, le dossier est sans équivoque: « Il n'y a rien à comprendre dans ce dossier », ont-ils déclaré, ajoutant que la victime « est tombée sur la mauvaise personne au mauvais moment ».

Les Fêtes de Bayonne, un contexte déjà endeuillé

Les Fêtes de Bayonne, qui attirent plus d'un million de visiteurs chaque année, avaient déjà été marquées par un drame similaire un an plus tôt. En 2023, un habitant du centre-ville avait été roué de coups après avoir fait une remarque à un groupe de fêtards surpris en train d'uriner devant sa porte. Cette agression mortelle avait suscité une vive émotion dans la région. Le nouveau drame survenu en 2024 relance les questions sur la sécurité lors de ces rassemblements populaires, où l'alcool coule à flots et les tensions peuvent dégénérer rapidement. Les autorités locales ont renforcé les dispositifs de sécurité, mais les incidents violents restent difficiles à prévenir.

Les versions contradictoires de l'altercation

L'origine de l'altercation demeure floue. L'accusé affirme que la victime a proféré des insultes racistes à son encontre, ce qui l'aurait poussé à réagir violemment. Cependant, aucun des témoins interrogés n'a confirmé ces propos. Le chauffeur de bus, qui a tenté de s'interposer, a décrit une escalade rapide et imprévisible. Les enquêteurs n'ont pas pu déterminer avec certitude ce qui a déclenché la dispute. L'instruction n'a pas permis d'établir un motif clair, laissant le champ libre aux interprétations. Cette zone d'ombre pourrait jouer un rôle dans la décision des jurés, qui doivent évaluer la préméditation et l'intention.

Un procès sous haute tension

Le procès, qui doit durer deux jours, se déroule dans une ambiance lourde. La famille de la victime, présente dans la salle d'audience, attend justice. Les avocats de la défense, eux, tentent de faire valoir les circonstances atténuantes, notamment l'absence d'antécédents de violence mortelle chez leur client et le contexte de provocation alléguée. Mais le parquet insiste sur la dangerosité de l'accusé, soulignant ses 17 condamnations antérieures et son passé de boxeur, qui lui conférait une force létale dans ses poings. La peine maximale encourue est de trente ans de réclusion, mais les réquisitions à vingt ans suggèrent que les juges pourraient tenir compte de l'absence d'intention de donner la mort.

Un verdict attendu avec anxiété

Le verdict est attendu dans les prochains jours. Il déterminera non seulement le sort de l'accusé, mais aussi la réponse judiciaire à un type de violence qui endeuille régulièrement les fêtes populaires. Pour les parties civiles, l'enjeu est de voir reconnaître la gravité des faits et d'obtenir une peine à la hauteur du préjudice subi. Au-delà du cas individuel, ce procès interroge la société sur la gestion des foules et la prévention des violences lors de grands rassemblements. Les Fêtes de Bayonne, symbole de convivialité, portent désormais l'ombre de deux morts en deux ans. Une réflexion de fond s'impose pour éviter que ces drames ne se reproduisent.

À retenir

  • Un ancien boxeur de 41 ans est jugé pour avoir tué un homme de 58 ans d'un coup de poing lors des Fêtes de Bayonne 2024.
  • L'accusé cumule 17 condamnations, dont 14 pour violences, et encourt 30 ans de prison; le parquet a requis 20 ans.
  • La victime est décédée cinq jours après l'agression d'un traumatisme crânien et d'un œdème cérébral.
  • L'accusé invoque des propos racistes, mais aucun témoin ne les a confirmés.
  • Les Fêtes de Bayonne avaient déjà été endeuillées en 2023 par une agression mortelle similaire.
  • Le verdict est attendu sous peu et pourrait influencer les mesures de sécurité lors des grands événements.
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