Sénégal : tensions croissantes entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko, la présidentielle de 2029 en toile de fond
Le limogeage du porte-parole de la présidence et les déclarations du chef de l'État alimentent les spéculations sur une rupture au sommet du pouvoir.

SENEGAL —
Les faits
- Le président Bassirou Diomaye Faye a limogé le porte-parole de la présidence.
- Le chef de l'État a déclaré qu'« il n'existe aucun pacte » avec son Premier ministre Ousmane Sonko.
- Un meeting présidentiel est prévu le 9 mai, perçu comme une étape stratégique vers 2029.
- Le journal Sud Quotidien évoque une « bataille pour l’élection présidentielle de février 2029 » déjà enclenchée.
- L'opposition a renoncé à saisir le Conseil Constitutionnel sur le code électoral.
- Ousmane Sonko a créé la surprise en participant à des travaux agricoles plutôt qu'à l'assemblée générale de la coalition Diomaye.
Un limogeage qui en dit long
Le président Bassirou Diomaye Faye a limogé le porte-parole de la présidence, un geste qui intervient dans un climat de tensions croissantes avec son Premier ministre Ousmane Sonko. Cette décision, officialisée sans explication publique, a immédiatement été interprétée comme un signe de la dégradation des relations au sommet de l'État. Selon des sources proches du palais, ce limogeage serait lié à des fuites d'informations qui auraient alimenté les rumeurs de discorde. Le président aurait ainsi voulu reprendre le contrôle de la communication présidentielle, alors que les spéculations sur une rivalité avec Sonko s'intensifient.
Les déclarations choc du président
Lors d'une interview accordée le samedi 2 mai à deux médias privés, Bassirou Diomaye Faye a mis fin au débat sur l'éligibilité d'Ousmane Sonko en affirmant qu'« il n'existe aucun pacte » entre eux. Cette déclaration a surpris, car elle contredit l'image d'une entente parfaite que le duo projetait jusqu'alors. Le président a également recadré son Premier ministre en déclarant que « le Sénégal n’a pas besoin d’un messie », une phrase qui a été largement commentée. Ces propos sont perçus comme une tentative de Diomaye Faye de réaffirmer son autorité et de dissiper l'idée d'une co-gouvernance.
Une rivalité qui s'affiche
Les signes de tension se multiplient. Ousmane Sonko a créé la surprise en assistant à une assemblée générale de la coalition Diomaye… dans les champs, plutôt qu'aux réunions politiques. Ce geste, interprété comme une prise de distance, contraste avec l'agitation de la classe politique. Par ailleurs, des révélations sur une « taupe au Palais » qui informait Cheikh Bara, un proche de Sonko, ont conduit au limogeage d'Ousseynou Ly. Ces affaires alimentent les soupçons de méfiance réciproque entre les deux hommes.
La présidentielle de 2029 en ligne de mire
Pour le journal Sud Quotidien, la bataille pour l'élection présidentielle de février 2029 est déjà enclenchée. Le meeting présidentiel prévu le 9 mai est présenté comme « la première étape » d'un processus politique orienté vers cette échéance. Chaque camp semble affûter ses armes, et les prises de parole se multiplient. Le climat politique est marqué par des positionnements qui laissent entrevoir une rivalité en gestation, susceptible de redéfinir les équilibres au sein du régime.
Les conséquences pour le gouvernement
Ces tensions pourraient avoir des répercussions sur la gouvernance du pays. L'ancien ministre Aly Bathily a déclaré que « le peuple paie le prix de leurs tensions », soulignant les risques d'immobilisme. Par ailleurs, l'opposition, via le Groupe Takku Wallu Sénégal, a renoncé à saisir le Conseil Constitutionnel sur le code électoral, une décision qui pourrait être liée aux incertitudes politiques. Le président doit désormais gérer ces dissensions tout en maintenant la stabilité.
Un avenir incertain
Les prochains jours seront décisifs. Le meeting du 9 mai donnera le ton de la suite, et les déclarations des deux hommes seront scrutées. Si la rivalité se confirme, elle pourrait profondément redéfinir le paysage politique sénégalais. Pour l'instant, le duo Diomaye-Sonko semble vaciller, et les Sénégalais s'interrogent sur la capacité de leurs dirigeants à surmonter leurs différends. L'enjeu dépasse les simples querelles personnelles: il s'agit de l'avenir du pays.
À retenir
- Le limogeage du porte-parole de la présidence et les déclarations du président Diomaye Faye révèlent des tensions avec le Premier ministre Ousmane Sonko.
- Le chef de l'État a nié l'existence d'un pacte avec Sonko et l'a recadré publiquement.
- Un meeting présidentiel le 9 mai est perçu comme une étape vers la présidentielle de 2029.
- Des révélations sur une taupe au Palais et des absences remarquées de Sonko alimentent les spéculations.
- L'opposition renonce à un recours sur le code électoral, signe d'un climat politique perturbé.
- Les tensions au sommet pourraient affecter la gouvernance et la stabilité du Sénégal.






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